Les rapports de la parenté sont les
relations résultant de la descendance et de l'aaliance. La parenté
(oburu, okwono, ndjo) très étendue, doit être
compripse surtout dans sa signification sociale et non biologique où elle est
moins réelle. Elle constitue un véritable système de relations entre les
personnes et les classes de personnes( par exemple l'"ensemble" des "pères"
(tàra) et l'"ensemble" des "fils" (bàna); elle
détermine des attitudes, des comportements codifiés et des appellations
rigoureuses. L'aspect classificatoire est très caractéristique de l'unité
sociale: tous les frères de la mère sont des "mères mâles" (angwu
abala, angwo bolo) et toutes les soeurs de la mère sont des
mères, comme tous les enfants des soeurs des soeurs de la mère sont des frères
et des soeurs. Ainsi, en
milieu culturel bantu et téké en particulier, les termes "oncle" et "tante" sont
bien précis et ne suscitent aucune confusion; ils désignent respectivement le
frère de la mère c'est-à-dire la "mère mâle" (angwu abala, angwo
bolo) et la soeur du père, c'est-à-dire le "père femelle" (tara
okei, tara okari) tandis que les termes occidentaux de cousin,
demi-soeur, demi-frère sont vides de sens et ne trouvent aucun emploi. Ce
caractère très systématique manifeste de l'importance du champ des rapports
sociaux définis par la parenté. Les relations déterminées en fonction de la
descendance, de la référence à un ancêtre plus ou moins éloigné dans l'échelle
des générations sont fondamentales. Elles permettent de définir les lignages;
elles régissent aussi la transmission des charges et des pouvoirs; elles
circonscrivent les "parents" (éburu) avec lesquels le mariage est
interdit, c'est-à-dire les frontières de l'inceste et de
l'exogamie. Nous voyons que la famille téké diffère nettement de
la famille occidentale qui est une unité domestique, un foyer composé d'un
homme, de son ou ses épouses et de leurs enfants. La famille téké est un
groupement plus large, basé d'habitude sur le principe de la filiation
unilinéaire et composé des membres de plusieurs générations, issus d'un même
ancêtre, groupe qu'on évoque souvent sous les terme de "famille élastique" ou "
famille africaine". Les divers membres de ce groupe qui compte aussi les morts
tendent à coopéréer dans les affaires économiques, à exercer certains droits
communs sur la propriété, à accepter leur aîné généalogique comme autorité
commune et à pratiquer certains rituels communs. Il peuvent ne pas vivre dans la
même unité résidentielle, ils sont unis par les liens de consanguinité et par
des sentiments affectifs réciproques qui constituent la parenté.
On distingue 3 catégories de parenté pour
un téké bien qu'apparteneant à 2 branches familiales:
a) la parenté patrilinéaire (ndjo
atara) Par ce terme,
il faut entendre la parenté paternelle, parenté patrilinéaire. C'est l'ensemble
des personnes auxquelles le père de l'individu est lié directement ou
indirectement.Chez les téké, on désignera par tara ou da (père) non
seulement son père géniteur mais aussi ses frères, ses neveux ou ses "parents
parallèles" quelque soit leur âge.On entend par "parents parallèles" toutes
personnes ayant des liens indirects de parenté avec l'individu. Et cette parenté
peut s'étendre sur plusieurs générations. Les soeurs du père ou plutôt des pères
sont appélés tari'okari ( littéralement un père femme). Couramment
on les appele par le terme t'okari suivi par le nom de la
concernée (exemple: t'okari Mpiè). Ainsi par exemple, le neveu du père est du père (et
non cousin) et sera désigné par tara(ou da) suivi
par son nom de famille (ex: da Wunga).
b) la parenté matrilinéaire (ndjo
angwugu) C'est
l'ensemble des personnes ratttachées à la mère de l'individu. Le terme
ngwugu, ne désigne pas uniquement la mère génitrice, il évoque
égalemet ses soeurs, ses nièces et ses "parents parallèles".
Elle respecte les mêmes principes que la
prenté patrilinéaire. Toutefois le téké est plus attaché à cette parenté qui
constitue sa souche, sa racine (étsina, katsini,
étagi) et dont il est la propriété à part entière. Donc l'enfant
appartient au même lignage que sa mère. Les membres influents de celui-ci ont,
plus que le père, pleine autorité sur lui et assure même le contrôle de sa
production économique.
c) la parenté par alliance
(nkwono) La
dernière catégorie parentale est constituée par des liens amicaux ou
matrimoniaux se transformant en liens parentaux.On la désigne par le terme
nkwono. Ce terme est un peu ambigu et vague car il signifie
famille; d'autant qu'il sert à désigner aussi bien la parenté par sang et la
parenté par alliance. Ainsi, les "vrais" amis et les beaux-parents deviennent
petit à petit des des parents.