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Comme les autres royautés africaines, celle du makoko
est élective; néamoins le choix des grands dignitaires doit porter
obligatoirement sur un parent des précédents onkoo. Le makoko est élu par un
collège de ces dignitaires. Le conseil se réunit et se met d'accord sur le nom du prochain roi. L'élu
doit nécessairement provenir de l'une des six branches composant l'arbre royal:
Impio, Isu, Ondjala, Iman, Inkwi, Onkosan. On exige de lui le respect du tabou:
quiconque a mangé dans sa vie de l'éléphant est écarté. Ce choix fait, on
convoque le ban et l'arrière-ban. Tous les vassaux accourent des quatre coins du
royaume et la catipale est en fête. Mais la coutume veut que l'élu puisse se
dérober à la dernière minute. Il fuit tout simplement. Le ngeiliino (second du
roi) le fait rechercher et bastonner par son mwangâw (officier d'ordonnance).
Chaque fois que celui-ci le frappe, il dit: "c'est la dernière fois que nous
pouvons porter la main sur vous impunément, quand vous serez roi; vous nous
aurez oubliés". L'élu
entre ensuite dans une grande case construite pour la circonstance. Il y entre
avec la future reine, sa première femme, et un de ses jeunes enfants qui porte
le coussin en serge rouge rempli de charmes, le "likuba". C'est sur ce coussin
que le futur roi doit s'asseoir ou s'appuyer pendant l'initiation, qui dure neuf
jours.  Neuf jours
durant, en effet, le futur roi est initié à son rôle dans les moindres détails,
que ce soit sur le plan temporel ou surnaturel. Ce sont deux grands personnages
du royaume portant le titre de motiiri et ngaanshibi, qui l'initient. Ils lui
expliquent le sens des insignes royaux, les interdits qui q'y attachent. Le
futur roi doit les acheter au fur et à mesure de l'instruction. Il acquiert tout
d'abord les bracelets, une bague et une couverture rouge. L'argent est perçu par
le motiiri puis distribué entre les chefs. Le troisième jour de l'initiation est un jour fatidique. Si
le futur roi le dépasse, c'est le signe que l'Esprit supérieur du royaume ainsi
que ses propres ancêtres l'agréent. Sinon, il doit mourir, tué par les esprits
qui se libèrent des attributs royaux. Chaque jour durant l'initiation, il est habillé et lavé par
le ngaanshibi et le motiiri. Chaque jour aussi, le forgeron royal vient
l'asperger avec l'eau dans laquelle ont été ses outils de travail. C'est la seconde femme qui est
chargée d'apporter au futur roi et à la future reine leur nourriture, mais
celle-ci est cuite sur un feu allumé par un dignitaire dont c'est la fonction,
dans une cuisine construite pour la circonstance. Rien n'est laissé au hasard.
Chaque détail est fixé par la tradition. Cependant l'initiation se poursuit. Le futur roi acquiert
d'autres attributs de sa puissance: des plumes rouges du nkuwo (le perroquet)
considéré comme le roi des oiseaux, des plumes mauves de l'engoulement, une peau
de lion, son bâton de commandemment, un bonnet brodé et enfin le grand collier
en cuivre orné de douze pointes représentant le nombre de ses grands
feudataires. Durant toute cette période de retraite et d'instructions sacrées,
la fête, qui a commencé le premier jour, s'amplifie.
Enfin arrive le neuvième jour, celui de
l'investiture publique. Le makoko sort en grande pompe de sa retraite à l'heure
où il y est était rentré. Devant le peuple assemblé, au milieu des
applaudissements, le ngeiliino lui passe au cou le grand collier et lui remet
tous les insignes de sa charge. Il le présente ensuite au ngansyemu qui proclame
solennellement le nom du nouveau roi.
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